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STRATÉGIE D’INVESTISSEMENT

SEPTEMBRE 2021

 

Laurent Denize

Laurent Denize,
GLOBAL CIO

Nous continuons à voir davantage de potentiel en Europe, un vivier de valeurs cycliques et value au profil risque-rendement plus attractif et qui bénéficieront également des dépenses d'infrastructure et des programmes de relance

L'été fut finalement assez paisible pour les investisseurs en bourse. Malgré le sentiment négatif qui a dominé la toile médiatique (craintes sur le variant Delta, la Chine et le tapering de la FED), cela n’a pas provoqué de corrections significatives des marchés financiers. Grâce au soutien généreux des banques centrales, les portefeuilles actions affichent fin août des gains à deux chiffres. Mais plus on prend de la hauteur, plus l'air se raréfie. Ainsi, au-delà de la joie suscitée par ce qui a été accompli jusqu’alors, l'inquiétude grandit quant à la durée de la phase de reprise. Néanmoins, même s'il subsiste de multiples incertitudes, les actions restent sans alternative. En revanche, les investisseurs devraient continuer à garder un œil sur les facteurs de risques et à se concentrer sur certains segments de marché qui promettent encore des rendements, même après avoir atteint le sommet.

Les paramètres à surveiller restent nombreux. Premièrement, la Fed a commencé à préparer les marchés à la sortie progressive du QE (tapering). Deuxièmement, la situation sanitaire en Asie, avec un taux population vaccinée très faible (environ 10%) et une réaction au virus qui consiste à limiter les déplacements avec un impact sur les chaînes d'approvisionnement mondiales, les prix du fret et l'inflation. Cela crée de l’incertitude quant à l'aspect transitoire de l'inflation, rendant ainsi le travail des banques centrales plus compliqué. Troisièmement, une remontée des taux à 10 ans américains (comme celle observée au printemps) pourrait également peser à court terme sur les marchés. L'expérience montre toutefois que les effets du tapering ne se font sentir qu'avec un certain retard. Par ailleurs, le retrait des programmes de soutien gouvernementaux dans les principaux pays industrialisés ne devrait pas inquiéter les marchés si les chiffres en matière d'insolvabilité restent contenus. Pour l'instant, les conditions financières restent très accommodantes et l'octroi de crédit suffisant. Les marges bénéficiaires des entreprises bénéficiant de la forte phase de reprise ont atteint des sommets historiques. Les prochains chiffres risquent donc d'être un peu moins bons, raison pour laquelle une sélection rigoureuse des secteurs est essentielle. Les entreprises capables de faire face aux augmentations des salaires et des coûts des intrants devraient être favorisées.

La croissance a également ralenti en Chine au deuxième trimestre en raison des goulets d'étranglement dans les chaînes d'approvisionnement et des mesures prises contre un boom excessif du crédit. Mais la principale raison de l'effondrement massif du cours des actions des grandes entreprises technologiques a été la répression réglementaire. Alors que les autorités chinoises s'efforcent de favoriser la prospérité la classe moyenne - afin de garantir un taux de croissance stable pour les années à venir - mais veulent réduire l'influence des grandes entreprises privées, les investisseurs devraient investir spécifiquement dans des secteurs et sociétés (principalement des indices onshore) capables de générer de la croissance même dans ces nouvelles conditions. Les actions ESG ont de nouveau figuré parmi les investissements les plus porteurs cette année. Contrairement à ce que l'on entend parfois, il ne s’agit pas d’une bulle mais d'une tendance séculaire compte tenu des besoins en investissement de plus de 1 500 milliards d'euros par an et de l'adoption croissante des critères ESG par les institutionnels et les sélectionneurs de fonds. Certes la croissance ralentit à court terme, mais pourrait repartir à la hausse si les conditions sont favorables. Comment les investisseurs doivent-ils se positionner dans un tel environnement ?

Actions : Compte tenu des écarts importants entre les rendements des dividendes et des obligations, les investisseurs n'ont guère d'autre choix que de privilégier les actions. À première vue, les résultats record enregistrés récemment plaident en faveur des États-Unis. Pourtant, malgré de nombreuses surprises sur les résultats, les investisseurs se montrent réservés en raison des valorisations élevées. Nous continuons donc à voir davantage de potentiel en Europe, un vivier de valeurs cycliques et value au profil risque-rendement plus attractif et qui bénéficieront également des dépenses d'infrastructure et des programmes de relance tant aux États-Unis qu'en Europe. Les valeurs intégrant des critères ESG feront partie des gagnants ici aussi.

Les valeurs financières : À court terme, les banques offrent de bonnes opportunités de gains, car les bénéfices se remettent du marasme de la pandémie, la hausse des taux d'intérêt devrait leur être favorable et les paiements de dividendes reprennent également. À long terme, la transformation du modèle économique provoquée par les fintechs et les grands groupes technologiques ouvrira des opportunités intéressantes pour les investisseurs prêts à prendre des risques. Des opportunités sont également offertes dans tout l'écosystème financier des crypto-actifs, où nous privilégions les plateformes de trading et les banques aux crypto-actifs à proprement parler. La prudence est de mise pour les investissements dans les marchés émergents, où les valorisations sont moins attractives compte tenu de la baisse de la dynamique des bénéfices.

Sur l’obligataire, il n'y a que quelques segments tels que les obligations à haut rendement et les obligations subordonnées dans lesquels des rendements peuvent encore être générés. Les risques sont maîtrisables tant que la BCE garde le contrôle sur les spreads. Toutefois, la préparation des marchés à la fin du programme d'achat PEPP (qui a récemment été quelque peu réduit à titre de première étape vers une sortie) pourrait peser sur les obligations périphériques. Si les taux réels reprennent de la hauteur (ils sont fortement négatifs), les arguments en faveur de la détention d'or perdent de leur vigueur. Enfin, compte tenu de la plus grande volatilité des marchés boursiers, les actifs privés offrent un profil risque/rendement intéressant.

 

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