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Sugar Rush

POINTS DE VUE MARCHÉ

22 Mars 2021

 

Jan Viebig
Jan Viebig,
CIO Private Wealth Management
Laurent Denize
Laurent Denize,
CIO Asset Managment

L'économie américaine connaît actuellement un « Sugar Rush ». Malgré un certain scepticisme de la part des scientifiques, il existe une croyance répandue selon laquelle la surconsommation de sucre (friandises) entrainerait un bref pic d'hyperactivité. Un phénomène souvent désigné sous le nom de "Sugar Rush". Plusieurs économistes ont utilisé cette expression dernièrement pour décrire la situation économique aux États-Unis, où une brève période d’hyperactivité est attendue dans les prochains mois. Les principaux moteurs de cette hyperactivité sont le plan de relance de Biden (1 900 milliards de dollars) et l’épargne forcée accumulée pendant la crise de la Covid-19 (1 850 milliards de dollars) qui devraient être réinjectés dans l'économie lors de sa réouverture. La croissance économique en Europe va également s'accélérer, mais à un rythme plus lent. En effet, la politique de vaccination plus efficace aux États-Unis permet une réouverture de l'économie plus rapide qu'en Europe. Récemment, la FED a revu ses projections à la hausse et estime désormais que le PIB réel des États-Unis augmentera de 6,5 % en 2021 (projection de décembre 2020 : 4,2 %), de 3,3 % en 2022 et de 2,2 % en 2023.

De nombreux clients nous demandent comment l'inflation évoluera dans ce contexte. Nous pensons que l'inflation aux États-Unis augmentera fortement en 2021, mais qu'elle diminuera ensuite en 2022 et au-delà (voir le graphique 1).

 

N’oublions pas qu’il s'agit là d’un « sugar rush » passager. Les anticipations de hausse de l’inflation provoquent une pentification de la courbe des taux. Nous avons relevé nos prévisions pour les taux d'intérêt à 10 ans aux États-Unis de 1,8 % à 2,0 % à fin 2021.

Ces prévisions risquent d’être revues à la hausse; la BCE et la FED ayant toutes deux annoncé en mars 2021 qu'elles allaient poursuivre leurs politiques monétaires expansionnistes. La BCE a déclaré le 11 mars qu'elle allait procéder à des achats d'actifs à un rythme nettement plus élevé. De son côté, la FED a indiqué le 17 mars qu'elle allait continuer ses achats d’actifs à hauteur de 120 milliards de dollars par mois malgré l'amélioration des perspectives de croissance et la baisse du taux de chômage. Le consensus parmi (la plupart) des politiciens est qu'il vaut mieux en faire trop que pas assez, une leçon retenue de la crise financière mondiale de 2008. Larry Summers s'attend à une éventuelle surchauffe de l'économie en raison des politiques monétaires et budgétaires expansionnistes et que l'inflation pourrait atteindre des niveaux jamais vus en une génération. Même si ce n’est pas notre scenario central, que ce soit pour la croissance du PIB, l’inflation ou les taux d’intérêt, le risque est clairement à la hausse, pas à la baisse.

Quelles implications pour notre stratégie d’investissement ?  

  1. Éviter les noms dits « d'hyper-croissance », c'est-à-dire les valeurs de croissance surévaluées qui continueront à souffrir de la hausse des taux. Les actions d'hyper-croissance sont évaluées à des niveaux qui ne souffrent pas la déception et qui pourraient corriger fortement si les taux continuent d'augmenter. Le principal risque de ces actions réside en premier lieu dans leurs valorisations excessives et non dans l’impact d’une hausse des taux.
  2. Les risques pris en termes de duration1 ne seront pas payants. Au sein du segment obligataire, nous préférons les obligations à haut rendement qui bénéficieront très probablement des perspectives macroéconomiques décrites précédemment.
  3. Nous préférons toujours les valeurs cycliques aux valeurs défensives. Toutefois, cette tendance devrait bientôt prendre fin. Nous commençons à discuter du moment opportun d'acheter des valeurs défensives du secteur de la consommation (en particulier les marques renommées) qui sont négligées par les investisseurs qui se concentrent encore sur les valeurs de croissance. Nous préférons un style d'investissement anticyclique. Mieux vaut trop tôt que trop tard.
  4. Au sein des services financiers, nous privilégions les compagnies d'assurance dont les flux de trésorerie disponibles liés aux activités opérationnelles sont en hausse.
  5. Les marchés émergents souffrent de la réallocation des investisseurs en faveur des Etats-Unis, séduits par des taux d'intérêt plus élevés. Nous voyons des risques substantiels en Chine, où les marchés actions ne sont plus bon marché et où la croissance - contrairement au monde développé - a très probablement déjà atteint son pic.

1) Le risque de duration décrit le risque de pertes sur les obligations en raison de la hausse des taux d'intérêt
2) Source : Refinitiv Datastream, au 15.03.2021 ; contrats à terme 1 an : contrats à terme d'une durée d'un an (exemple : 3Y1Y = contrat à terme débutant dans trois ans et d'une durée d'un an).

 

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