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Ré-ouverture

STRATÉGIE D’INVESTISSEMENT

JANVIER 2021

 

Laurent Denize

Laurent Denize,
GLOBAL CO-CIO &
GLOBAL HEAD OF FIXED INCOME

Outre les valeurs de croissance à long terme, il faut également tenir compte de celles les plus à même de bénéficier de la réouverture de l'économie

Malgré les circonstances exceptionnelles qui ont marqué l'année 2020, de nombreux indices boursiers ont fini en hausse, certains atteignant même des sommets historiques. En raison de la nature exogène du choc lié au Covid-19, ce fut finalement le marché baissier le plus court de l'histoire récente et la reprise économique a également été plus rapide que lors des récessions précédentes. Dès l'approbation de vaccins fiables, les investisseurs ont commencé à se préparer à « l'ère post-Covid-19 ». Ainsi, après plusieurs années marquées par la prudence, l'appétit pour le risque semble être revenu depuis fin 2020, mais sans exubérance toutefois. Comment aborder les prochains mois ?

Le retour attendu de la croissance

Les incertitudes sociales et économiques liées à la pandémie de COVID-19 ne s'estomperont pas par magie avec la fin de l'année 2020. Toutefois, dans la perspective de la levée des restrictions liées à la pandémie et de la vaccination de masse, notre scénario central est que la reprise devrait s'accélérer au cours du second semestre. Les consommateurs dépenseront probablement leur «épargne forcée» dans les voyages ou les divertissements, et les entreprises devraient à nouveau investir davantage. Des contretemps dans les campagnes de vaccination ou de nouvelles mesures de confinement pourraient retarder cette reprise, mais un rattrapage même dans ce cas est attendu. L'inflation devrait augmenter par des forts effets de base, mais elle devrait toutefois rester inférieure aux niveaux cibles des banques centrales en raison des capacités excédentaires créées par la récession. Les politiques budgétaires et monétaires aux États-Unis et dans la zone euro soutiendront la reprise : les vannes budgétaires vont même s’ouvrir davantage avec un Sénat américain à majorité démocrate et un nouveau plan de relance de plus de 750 milliards d’euros en préparation. Les banques centrales vont continuer à soutenir la reprise, par leurs programmes d'achat d'obligations (la BCE surveillant les spreads de pays comme l'Italie et l'Espagne).

Tous les chemins mènent aux actions

Actions : dans la perspective d’un fort rebond économique, les actions sont à privilégier par rapport aux obligations. En raison de la forte polarisation entre les secteurs, une gestion active est plus importante que jamais. Le Covid-19 a été un accélérateur de tendances structurelles présentes dans un certain nombre de secteurs, parmi lesquels la technologie, la santé ou encore l'écologie. Même si certaines valeurs au sein de ces secteurs semblent chères, nous sommes convaincus que leurs perspectives à long terme restent intéressantes. Certes, il existe des valeurs comme Tesla, dont la capitalisation boursière correspond désormais à la somme des constructeurs automobiles traditionnels. Il parait difficile aujourd’hui d’évaluer la valeur de Tesla. Mais à l’avenir, pour détecter rapidement ces entreprises, l'utilisation de l'intelligence artificielle et en particulier, du traitement du langage naturel (au lieu de la seule analyse fondamentale traditionnelle) peut se révéler utile. Ces outils d’analyse ont la capacité de traiter un nombre important de données non structurées, et ainsi de détecter des signaux cachés indiquant de nouvelles sources de valeur.
Outre les valeurs de croissance à long terme, il faut également tenir compte de celles les plus à même de bénéficier de la réouverture de l'économie. La rotation vers des secteurs plus cycliques touchés par la pandémie, qui a commencé l'année dernière, devrait se poursuivre. Il est ainsi conseillé de privilégier les valeurs affichant des perspectives de croissance élevée des bénéfices par action (BPA), tirée par la reprise, en particulier au sein des secteurs de l'automobile, de la construction et des banques. Nous continuons à privilégier l'Europe par rapport aux États-Unis, où les valorisations sont plus attractives et où les valeurs cycliques sont plus nombreuses. Les petites capitalisations sont susceptibles de bénéficier de manière « positivement disproportionnée » des programmes de relance gouvernementaux. Elles offrent par ailleurs un potentiel de rattrapage plus conséquent que les grandes capitalisations. Les marchés émergents qui bénéficient de la reprise en Chine ou de la hausse des prix du pétrole pourraient également surperformer à court terme.

Taux et crédit : En raison de la persistance de taux d'intérêt bas et d'une pentification de la courbe des taux, du moins aux États-Unis, les obligations d'État offrent un potentiel moindre. Il ne reste donc aux investisseurs que les obligations d'entreprises (à haut rendement et investment grade), dont les taux de défauts anticipés semblent moins sévères que prévu. Toutefois, un écartement des spreads ne peut être totalement exclu à court terme, en fonction de l’évolution de la crise sanitaire, ce qui pourrait créer un certain nombre d’opportunités. Il est donc recommandé aux investisseurs de rester flexibles sur les marchés obligataires.

Devises : Dans la perspective d’une amélioration générale de l’activité, les devises comme l'euro devraient être les gagnantes, tandis que le dollar américain risque de s'affaiblir.

Tendances

Un certain nombre d’incertitudes devrait subsister en 2021. Dans cet environnement complexe, nous pensons qu’il fait sens d’associer aux processus d'investissement traditionnels des approches innovantes basées sur le traitement de données non structurées, afin d’être capable de déceler des opportunités d'investissement intéressantes.

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