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Quels nouveaux horizons ?


STRATEGIE D’INVESTISSEMENT

SEPTEMBRE 2019

 

Laurent Denize

Laurent Denize,
GLOBAL CO-CIO &
GLOBAL HEAD OF FIXED INCOME

Autrement dit, il n’est jamais trop tôt pour réfléchir à la prochaine disruption.

Tout cycle ayant une fin, de nombreux investisseurs et économistes se demandent aujourd’hui ce qui mettra un terme à celui-ci qui dure depuis 10 ans. Le principal suspect semble être Donald Trump.

 
Un soutien durable aux marchés des capitaux…

Alors que la réforme fiscale généreuse mise en place par Trump en 2018 avait dopé le sentiment des investisseurs, la guerre commerciale opposant les États-Unis à la Chine met leurs nerfs à rude épreuve depuis le début de l’année. Comme il est difficile d’imaginer que les deux pays parviendront à un accord durable dans une année électorale, il faudra probablement supporter pendant encore un certain temps les conséquences négatives de l’augmentation du coût des échanges commerciaux. Les premiers effets de la hausse des droits de douane sont déjà visibles dans le secteur manufacturier, tandis que les services s’avèrent étonnamment résistants. Les banques centrales des deux côtés de l'Atlantique font tout leur possible pour maintenir le calme sur les marchés des capitaux et éviter une récession. Ces mesures peuvent soutenir les actions un certain temps, mais au prix d’une forte volatilité. Si les investisseurs ont effectivement de nombreux motifs d'inquiétude – de la montée du protectionnisme au risque d’un Brexit dur, en passant par la situation à Hong Kong – l’économie mondiale n’est pas en récession. Dans l’ensemble, les prévisions de croissance doivent être révisées à la baisse, mais le marché de l’emploi étant favorable aux États-Unis et en Europe, les consommateurs devraient rester suffisamment confiants et continuer à consommer.


… au prix de valorisations élevées et d'une forte volatilité


Malgré un pessimisme croissant à l’égard de l’économie, la plupart des classes d’actifs affichent des résultats nettement supérieurs aux prévisions avancées en début d’année. En quête de sécurité, les investisseurs particuliers se sont détournés des actions au profit des obligations. Les actions ont néanmoins progressé, grâce aux programmes de rachat d’actifs, au retrait de la côte d'un nombre croissant d’entreprises et aux achats par des fonds alternatifs et diversifiés. Alors que les valorisations des classes d’actifs les plus rentables sont aujourd’hui élevées, la question se pose de savoir si elles constituent toujours des opportunités d’investissement intéressantes.


Pas d’alternative aux actions et au crédit


La recherche à tout prix de placements sûrs a encore une fois entraîné une hausse de la valeur des obligations d’État. Près de 30% des obligations mondiales affichent aujourd’hui un rendement négatif. Compte tenu du ralentissement de la croissance et de la contagion possible du fléchissement de l’économie américaine affaiblie par l’augmentation des droits de douane, il est difficile de prévoir quand les taux repartiront à la hausse. Il nous faudra attendre probablement un certain temps avant que la situation se normalise. Dans ce contexte, pour trouver des taux positifs, le crédit semble être la seule alternative. Les valorisations ne sont pas bon marché mais restent loin des extrêmes observés dans le passé. Les actions ne sont pas non plus surévaluées, ainsi les primes de risque (la différence entre le rendement du dividende estimé et le taux sans risque à 10 ans) ont atteint de nouveaux sommets. Par ailleurs, l’écart de valorisation entre valeurs de croissance et titres décotés (value) s’est élargi en 2019. Pour les investisseurs value, cela devrait être le signal qu’il faut commencer à acheter, mais dans un environnement où la croissance stagne, nous ne prévoyons pas de rotation franche vers les valeurs cycliques. Les gérants de portefeuille doivent par conséquent essayer de trouver des valeurs présumées chères qui associent retour sur capitaux investis et bonne visibilité sur les cash-flows futurs. 


Envisager la prochaine disruption


Un certain nombre de tendances structurelles remodèlent le monde dans lequel nous vivons : de nouvelles opportunités apparaissent et les entreprises cherchent à se réinventer pour tirer avantage de ces tendances de fond. Nous pensons que l’accélération de la pression démographique, le changement climatique (appauvrissement des ressources naturelles) et les capacités de networking illimitées des individus (avec les technologies numériques et l’IA) constituent les principaux piliers de ce changement.

Depuis la première crise pétrolière, en 1973, la consommation énergétique a doublé. Or, le mix énergétique peine à évoluer. Pour ne citer qu’un chiffre, prenons l’exemple de la contribution du charbon et de ses dérivés à la production énergétique mondiale, qui était de 30% en 1970... et qui est toujours de 30% aujourd’hui. Cette transition énergétique nécessitera des investissements tels que les entreprises privées ne pourront pas à elles seules les financer. Les pouvoirs publics devront par conséquent s’impliquer (réglementation, mesures d'incitation fiscale, dépenses budgétaires). 
En 2020, les « Millennials » auront un pouvoir d’achat similaire à celui de la génération X. Ils ont grandi pendant une période de changement technologique, de mondialisation et de bouleversement économique, qui leur a fixé des priorités et des attentes radicalement différentes de celles des générations précédentes. Comprendre leur comportement est fondamental pour saisir les opportunités de marchés à venir. Par exemple, Tinder, une application qui est née et s’est développée avec cette génération, a atteint une capitalisation boursière de 15 milliards USD en sept ans, soit l’équivalent de celle de Renault ou Deutsche Bank, Spotify, le leader de la musique en streaming, a atteint 23 milliards USD et YY, réseau social chinois reposant sur la vidéo, a atteint 4,7 milliards USD et compte 300 millions d’utilisateurs. 
 
Enfin, pourquoi l’intelligence artificielle est-elle si importante ? Comme l’électricité ou le moteur à combustion, elle représente ce que les économistes appellent une « technologie à usage général ». C’est une révolution silencieuse qui transformera certainement tous les secteurs de la société et de l’économie. Les entreprises qui seront capables de l’utiliser devraient être créatrices de valeur sur le long terme. Il s’agit probablement de la « destruction créative » la plus puissante depuis la dernière révolution industrielle.


Autrement dit, il n’est jamais trop tôt pour réfléchir à la prochaine disruption.


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